Dry January et goutte : ce que change un mois sans alcool
Un mois sans alcool quand on a la goutte : ce que l'on sait de l'effet de l'alcool sur l'acide urique et les crises, ce qu'il ne faut pas attendre, et comment reprendre en février.
Dry January et goutte : ce que change un mois sans alcool
En résumé : un mois sans alcool est une bonne idée quand on a la goutte. L'alcool fait monter l'acide urique et augmente le risque de crise dans les 24 heures qui suivent la consommation, quelle que soit la boisson. Le Dry January retire ce déclencheur pendant un mois. Mais aucune étude n'a mesuré son effet sur l'uricémie : un mois sans alcool ne guérit pas la goutte et ne remplace pas un traitement de fond. Le vrai gain se joue en février, selon la façon dont vous reprenez.
Ce que l'alcool fait à la goutte
- Il fait monter l'acide urique. Dans une étude de Faller et Fox (New England Journal of Medicine, 1982) chez 6 patients atteints de goutte, 8 jours d'alcool à forte dose (1,8 g par kg et par jour) ont fait passer l'uricémie de 8,4 à 10,1 mg/dL en moyenne, par une production accrue d'acide urique.
- Il déclenche des crises. Dans une étude de Neogi et al. (American Journal of Medicine, 2014) sur 724 personnes ayant déjà la goutte, le risque de crise (déclaré par les participants) était 1,36 fois plus élevé après plus d'un à deux verres dans les 24 heures, et par 1,51 après plus de deux à quatre verres. Le vin, la bière et les alcools forts étaient tous associés à plus de crises.
- Il est associé à l'apparition de la maladie. Dans une étude de Choi et al. (The Lancet, 2004) chez des hommes, chaque bière quotidienne était associée à un risque de goutte 49 % plus élevé.
Les recommandations de l'American College of Rheumatology (2020) conseillent, sous condition, de limiter l'alcool quand on a la goutte.
Ce qu'un mois sans alcool peut apporter
Pendant le mois, vous retirez un déclencheur de crise connu. Au-delà de la goutte, des études d'observation sur le Dry January, menées auprès de volontaires, associent l'expérience à plus de bien-être et de maîtrise :
- Dans une étude de de Visser et Nicholls (Psychology & Health, 2020) sur 4 232 participants, le Dry January était associé à plus de bien-être et de confiance en sa capacité à gérer l'alcool, surtout chez ceux qui allaient au bout du mois.
- Dans une étude de de Visser et Piper (Alcohol and Alcoholism, 2020) comparant 1 192 participants et 1 549 buveurs qui n'ont pas tenté l'expérience, les bénéfices sur la santé ressentie, le bien-être, la maîtrise et la consommation observés chez ceux qui avaient terminé le mois ne se retrouvaient pas chez les autres, y compris lors du suivi en août.
Ce qu'il ne faut pas en attendre
- Pas de guérison : la goutte est une maladie chronique. Si votre uricémie est au-dessus de l'objectif, un traitement de fond reste nécessaire.
- Pas de garantie de zéro crise : d'autres facteurs comptent (alimentation, poids, traitements, déshydratation).
- Pas de compensation : remplacer la bière par des sodas n'aide pas. Dans une étude de Choi et Curhan (BMJ, 2008) chez des hommes, au moins 2 sodas sucrés par jour étaient associés à un risque de goutte 85 % plus élevé.
Quoi boire à la place
- Eau, eau gazeuse, avec citron ou menthe.
- Café et thé, sans sucre : voir le café et la goutte.
- Bière sans alcool, avec modération : elle contient encore des purines, voir bière sans alcool et goutte.
- Cocktails sans alcool : attention au sucre et aux jus.
Et en février ?
Le risque de crise étant lié à la quantité bue dans les 24 heures, c'est la reprise qui compte : évitez de « rattraper » le mois avec une soirée arrosée. Si vous reprenez, restez sur de petites quantités, à table, avec de l'eau à côté, et gardez des jours sans alcool dans la semaine. Pour choisir les boissons, lisez alcool et goutte : quel alcool choisir.
Avec l'app Ça Goutte!, notez vos boissons et vos crises : vous verrez si le mois sans alcool change quelque chose pour vous, et vous en parlerez avec votre médecin à partir de vos propres données.
Questions fréquentes
Le Dry January est-il bon pour la goutte ?
Oui : l'alcool fait monter l'acide urique et augmente le risque de crise dans les 24 heures, quel que soit le type de boisson. Un mois sans alcool retire ce déclencheur, sans remplacer un traitement de fond.
Un mois sans alcool fait-il baisser l'acide urique ?
Aucune étude n'a mesuré l'effet d'un Dry January sur l'uricémie. On sait en revanche que l'alcool la fait monter : dans une petite étude, 8 jours d'alcool à forte dose l'ont fait passer de 8,4 à 10,1 mg/dL chez des patients atteints de goutte.
Peut-on boire de la bière sans alcool pendant le Dry January ?
Oui, avec modération : elle ne contient pas (ou très peu) d'alcool mais garde des purines venues du malt.
Comment reprendre l'alcool après le Dry January avec la goutte ?
Progressivement et en petites quantités : le risque de crise augmente avec ce que l'on boit en 24 heures. Évitez de rattraper le mois en une soirée, et gardez des jours sans alcool. Cet article ne remplace pas l'avis d'un médecin.
