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Tableau alimentation goutte : aliments permis/interdits

Découvrez le tableau complet alimentation crise de goutte : aliments à éviter, à limiter et à privilégier pour réduire l'acide urique naturellement.

Rédigé par Cha! · équipe Ça Goutte!
Vérifié médicalement · sources USDA, NIH, HAS
Tableau alimentation goutte : aliments permis/interdits
Photo : Unsplash

Le tableau alimentation crise de goutte classe les aliments en trois catégories selon leur teneur en purines (composés organiques transformés en acide urique lors de la digestion) : les aliments interdits ou très limités (abats, anchois, sardines, bière) contenant plus de 150 mg de purines pour 100 g, les aliments à consommer avec modération (viandes rouges, fruits de mer) entre 50 et 150 mg pour 100 g, et les aliments permis sans restriction (légumes, produits laitiers, oeufs) généralement en dessous de 50 mg pour 100 g.

La goutte est une maladie inflammatoire articulaire causée par l'accumulation de cristaux d'urate monosodique dans les articulations, secondaire à un excès d'acide urique dans le sang (hyperuricémie). Elle touche environ 1 à 2 % de la population française adulte selon la Haute Autorité de Santé, avec une nette prédominance masculine. Bien que la goutte soit également influencée par des facteurs génétiques et rénaux, l'alimentation joue un rôle majeur dans la prévention des crises et dans le contrôle de l'uricémie. Comprendre précisément quels aliments éviter ou favoriser est une étape fondamentale de la prise en charge.

Pourquoi l'alimentation influence-t-elle directement la goutte ?

L'alimentation influence directement la goutte parce que 30 % de l'acide urique produit par l'organisme provient de la dégradation des purines alimentaires, selon les données publiées dans Arthritis & Rheumatology (Choi et al., 2004). Les 70 % restants sont d'origine endogène (synthèse interne de l'organisme). Une alimentation pauvre en purines peut réduire l'uricémie de 1 à 2 mg/dL, soit une diminution significative pour les patients dont l'uricémie se situe légèrement au-dessus du seuil de 60 mg/L (6 mg/dL) recommandé.

Certains aliments, comme la bière et les boissons sucrées au fructose (sucre simple qui stimule la synthèse hépatique d'acide urique), agissent par des mécanismes différents des purines classiques mais produisent un effet similaire sur l'uricémie. Il est donc essentiel de disposer d'un tableau alimentation complet qui intègre non seulement la teneur en purines mais également d'autres paramètres métaboliques pertinents.

"Une réduction des apports en purines alimentaires, associée à une bonne hydratation et à la limitation des boissons alcoolisées, constitue le pilier non médicamenteux de la prise en charge de la goutte." — Haute Autorité de Santé, recommandations de bonne pratique, 2017.

Tableau complet : aliments permis, à limiter et interdits dans la goutte

Le tableau suivant classe les principaux groupes d'aliments selon leur teneur en purines et leur impact sur l'uricémie, sur la base des données nutritionnelles de l'USDA FoodData Central et des études cliniques publiées sur PubMed.

Aliment Purines (mg/100g) Statut goutte Remarques
Foie de veau 460 Interdit Abat à éviter totalement
Anchois (conserve) 321 Interdit Teneur extrêmement élevée
Sardines à l'huile 280 Interdit Même en petite quantité
Rognons de boeuf 269 Interdit Tous les abats concernés
Hareng fumé 210 Interdit Poisson gras riche en purines
Boeuf (steak) 110 A limiter Max 100-150 g par prise, 3x/sem.
Porc (filet) 90 A limiter Mieux que les abats
Crevettes 87 A limiter Petites portions occasionnelles
Poulet (blanc) 70 A limiter Meilleure viande pour la goutte
Saumon 63 A limiter Oméga-3 bénéfiques malgré tout
Lentilles cuites 35 Permis Purines végétales moins absorbées
Epinards cuits 30 Permis Non associés aux crises (études 2012)
Oeuf entier 2 Permis Excellent pour la goutte
Fromage blanc 0 à 5 Permis Effet uricosurique démontré
Lait demi-écrémé 0 Permis Réduit le risque de crise
Tomate 11 Permis Facteur déclenchant chez certains patients
Cerises fraîches 7 Permis Effet anti-inflammatoire démontré
Bière (33 cl) Equivalent 50+ mg + fructose Interdit Risque multiplié par 1,5 par verre
Jus de fruits sucré 0 (fructose actif) A limiter Le fructose stimule l'uricémie
Cafe noir (2 tasses/j) Negligeable Permis Effet protecteur possible (Choi, 2007)

Source : USDA FoodData Central, données purines compilées selon les études cliniques référencées sur PubMed.

Les aliments à éviter absolument pendant une crise de goutte

Pendant une crise de goutte aiguë, les aliments contenant plus de 150 mg de purines pour 100 g doivent être totalement supprimés, et les viandes rouges réduites à zéro dans l'idéal les 48 à 72 premières heures. Pour en savoir plus sur la gestion de l'alimentation en phase aiguë, consultez notre guide sur comment adapter son alimentation pendant une crise de goutte.

Les abats : première catégorie à supprimer

Les abats (foie, rognons, coeur, ris de veau, cervelle) contiennent entre 200 et 460 mg de purines pour 100 g selon les données USDA. Cette concentration est 4 à 8 fois supérieure au seuil de tolérance recommandé. Les abats doivent être exclus définitivement du régime alimentaire des personnes souffrant de goutte, pas seulement en période de crise.

Les poissons très riches en purines

Certains poissons présentent des teneurs en purines comparables aux abats : les anchois (321 mg/100g), les sardines (280 mg/100g), le hareng (210 mg/100g) et le maquereau (145 mg/100g). Ces poissons sont à proscrire totalement. En revanche, le saumon (63 mg/100g) et la truite (57 mg/100g) peuvent être consommés avec modération, leur apport en acides gras oméga-3 présentant un intérêt anti-inflammatoire.

L'alcool, et particulièrement la bière

La bière est l'alcool le plus délétère pour la goutte pour deux raisons cumulées : elle contient des purines propres à la levure (environ 14 mg par 33 cl) et l'alcool éthylique réduit l'excrétion rénale de l'acide urique. Chaque verre de bière supplémentaire par jour augmente le risque de crise de goutte de 49 % selon une étude publiée dans The Lancet (Choi et al., 2004). La bière sans alcool reste problématique. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur bière sans alcool et goutte : le verdict.

Les aliments bénéfiques à privilégier dans le régime anti-goutte

Les produits laitiers faibles en matières grasses, les cerises, l'eau et le café sont les aliments les mieux documentés pour réduire le risque de crise de goutte et faire baisser l'uricémie.

Les produits laitiers : un effet uricosurique démontré

Les produits laitiers pauvres en graisses (lait écrémé, yaourt nature, fromage blanc 0 %) exercent un effet uricosurique (qui favorise l'élimination de l'acide urique par les reins). Une consommation de deux portions de produits laitiers pauvres en matières grasses par jour est associée à une réduction de 43 % du risque de goutte selon Choi et al. (Arthritis & Rheumatism, 2005). Leur teneur en purines est quasi nulle (0 à 5 mg/100g).

Les cerises : un aliment anti-inflammatoire naturel

Les cerises contiennent des anthocyanines (pigments végétaux aux propriétés anti-inflammatoires) qui inhibent partiellement la xanthine oxydase, l'enzyme responsable de la conversion des purines en acide urique. Une étude publiée dans Arthritis & Rheumatism (Zhang et al., 2012) rapporte une réduction de 35 % du risque de crise de goutte lors d'une consommation de cerises chez les patients déjà atteints.

Le café : un effet protecteur à prendre en compte

Le café (sans sucre) est associé à une réduction de l'uricémie dans plusieurs études épidémiologiques. Les données indiquent qu'une consommation de 4 tasses par jour est associée à une uricémie inférieure de 0,26 mg/dL en moyenne. Pour une analyse détaillée, consultez notre article sur le café et la goutte : que disent les études.

Les cas particuliers : légumes riches en purines et fructose

Les légumes riches en purines (épinards, asperges, champignons, chou-fleur) ne sont pas associés à une augmentation du risque de crise de goutte, contrairement aux purines d'origine animale. Cette distinction est fondamentale et souvent mal comprise.

Une étude de Choi et al. publiée dans le New England Journal of Medicine (2004) a démontré que la consommation de légumes à forte teneur en purines n'augmentait pas significativement le risque de goutte, contrairement aux viandes et aux fruits de mer. Les purines végétales sont moins biodisponibles et l'environnement alcalinisant des légumes favorise l'élimination de l'acide urique. Ces aliments peuvent donc être consommés librement, comme le confirme l'Assurance Maladie dans ses recommandations nutritionnelles.

Le fructose, en revanche, est un facteur de risque indépendant. Les sodas sucrés, les jus de fruits industriels et les confiseries à base de sirop de glucose-fructose stimulent la synthèse hépatique d'acide urique via une voie métabolique distincte de celle des purines. Leur consommation doit être fortement limitée.

Hydratation : le pilier oublié du régime anti-goutte

Une consommation d'eau de 2 à 3 litres par jour est recommandée pour favoriser l'élimination rénale de l'acide urique. L'eau alcaline ou l'eau de Vichy (riche en bicarbonates) peut légèrement alcaliniser les urines et améliorer la solubilité des urates, réduisant ainsi le risque de lithiase urinaire (calculs rénaux), complication fréquente de la goutte non traitée. Pour mieux comprendre les risques liés à une goutte mal gérée, consultez notre article sur les complications de la goutte.

La Haute Autorité de Santé recommande également de répartir les apports hydriques sur l'ensemble de la journée, avec une attention particulière au soir pour prévenir les crises nocturnes. Pour comprendre pourquoi les crises surviennent principalement la nuit, consultez notre article sur la crise de goutte la nuit : pourquoi et comment réagir.

Questions Fréquentes

Quels sont les aliments strictement interdits lors d'une crise de goutte ?

Lors d'une crise de goutte aiguë, les abats (foie, rognons, ris), les anchois, les sardines, le hareng, la bière et tous les alcools forts sont strictement interdits. Les viandes rouges doivent être réduites à un minimum ou supprimées pendant les 48 à 72 premières heures de la crise. Les jus de fruits sucrés et sodas sont également à éviter en raison de leur teneur en fructose.

Les légumes comme les épinards ou les champignons sont-ils dangereux pour la goutte ?

Les épinards, champignons, asperges et chou-fleur, bien que riches en purines végétales, ne sont pas associés à une augmentation du risque de crise de goutte selon les études cliniques (Choi et al., NEJM, 2004). Ils peuvent être consommés librement dans le cadre d'un régime équilibré. La biodisponibilité des purines végétales est significativement inférieure à celle des purines animales.

Peut-on manger de la viande quand on a la goutte ?

La viande blanche (poulet, dinde) contient entre 50 et 70 mg de purines pour 100 g et peut être consommée en portions de 100 à 120 g, trois fois par semaine au maximum. Les viandes rouges (boeuf, porc, agneau) contiennent entre 90 et 130 mg de purines pour 100 g et doivent être limitées à deux fois par semaine, hors période de crise. Les abats sont à bannir définitivement.

Le lait et les produits laitiers sont-ils bons pour la goutte ?

Oui, les produits laitiers pauvres en matières grasses sont parmi les aliments les plus bénéfiques dans la goutte. Ils contiennent moins de 5 mg de purines pour 100 g et exercent un effet uricosurique qui favorise l'élimination de l'acide urique par les reins. Deux portions quotidiennes de lait écrémé ou de yaourt nature sont associées à une réduction de 43 % du risque de goutte selon Choi et al. (2005).

Combien de temps faut-il suivre ce régime alimentaire pour voir un effet sur l'uricémie ?

Un régime pauvre en purines suivi rigoureusement pendant 4 à 6 semaines permet généralement de réduire l'uricémie de 1 à 2 mg/dL selon les données cliniques disponibles. Cet effet est significatif mais insuffisant chez les patients dont l'hyperuricémie est sévère (au-dessus de 8 mg/dL), pour lesquels un traitement médicamenteux de fond (allopurinol, fébuxostat) est indispensable en complément. Le régime alimentaire s'inscrit dans une stratégie globale et durable, et non comme une solution exclusive à court terme.

Rédigé par Cha!, validé par l'équipe Ça Goutte!
Assistant IA spécialisé en nutrition et gestion de la goutte

Les informations sont basées sur des sources scientifiques officielles et les recommandations médicales en vigueur.

USDA FoodData Central NIH HAS EFSA PubMed
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Dernière mise à jour : 6 juillet 2026

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