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Aliments pauvres en purines : le tableau complet

Découvrez le tableau complet des aliments pauvres en purines pour mieux gérer la goutte et réduire votre taux d'acide urique au quotidien.

Rédigé par Cha! · équipe Ça Goutte!
Vérifié médicalement · sources USDA, NIH, HAS
Aliments pauvres en purines : le tableau complet
Photo : Unsplash

Les aliments pauvres en purines sont ceux contenant moins de 100 mg de purines pour 100 g, et idéalement moins de 50 mg pour 100 g. Pour une personne souffrant de goutte, privilégier ces aliments permet de limiter la production d'acide urique et de réduire le risque de crises douloureuses.

La goutte est une maladie inflammatoire articulaire causée par l'hyperuricémie (excès d'acide urique dans le sang), elle-même liée en partie à la consommation d'aliments riches en purines (composés organiques azotés transformés en acide urique lors de la digestion). Selon la Haute Autorité de Santé, l'hyperuricémie est définie par une uricémie supérieure à 360 µmol/L (60 mg/L) chez la femme et 420 µmol/L (70 mg/L) chez l'homme. L'alimentation représente environ 20 à 30 % des apports en acide urique, ce qui confère au régime alimentaire un rôle complémentaire mais réel dans la gestion de cette pathologie. Comprendre quels aliments sont pauvres en purines constitue donc un levier concret pour agir sur sa santé au quotidien, en complément du traitement médicamenteux prescrit par le médecin.

Qu'est-ce qu'un aliment pauvre en purines ?

Un aliment est considéré comme pauvre en purines lorsqu'il contient moins de 100 mg de purines pour 100 g, et comme très pauvre en purines lorsqu'il en contient moins de 50 mg pour 100 g. Les spécialistes distinguent trois catégories : les aliments à faible teneur (< 50 mg/100 g), à teneur modérée (50-150 mg/100 g) et à teneur élevée (> 150 mg/100 g).

Les purines sont présentes dans toutes les cellules vivantes, végétales comme animales. Lors de la digestion, elles sont métabolisées par l'organisme en acide urique grâce à une enzyme appelée xanthine oxydase. L'excès d'acide urique forme des cristaux d'urate monosodique qui se déposent dans les articulations, provoquant les douleurs caractéristiques de la goutte. Une alimentation orientée vers les aliments pauvres en purines vise à réduire cet apport exogène en précurseurs d'acide urique. Selon les données de l'USDA (FoodData Central), la teneur en purines varie considérablement d'un aliment à l'autre, ce qui justifie l'utilisation d'un tableau de référence.

Le tableau complet des aliments pauvres en purines

Le tableau suivant recense les principales familles d'aliments et leur teneur approximative en purines, exprimée en milligrammes pour 100 grammes d'aliment cru, d'après les données combinées de l'USDA et des études nutritionnelles de référence (Schlesinger et al., 2005 ; Dalbeth et al., 2016).

Aliment Teneur en purines (mg/100 g) Catégorie
Lait entier 0 Très faible
Fromage blanc 0 - 5 Très faible
Oeufs entiers 2 Très faible
Yaourt nature 2 - 8 Très faible
Pain blanc 4 - 8 Très faible
Riz blanc cuit 7 - 10 Très faible
Pomme de terre 6 - 16 Très faible
Carotte 8 Très faible
Tomate 11 Très faible
Concombre 7 Très faible
Laitue 13 Très faible
Brocoli 70 Faible
Chou-fleur 51 Faible
Epinards crus 57 Faible
Champignons de Paris 58 Faible
Poulet (sans peau) 115 - 150 Modérée
Boeuf maigre 110 - 133 Modérée
Thon en conserve 116 Modérée
Saumon 170 Elevée
Sardines en conserve 480 Très élevée
Foie de veau 460 Très élevée

"Les produits laitiers, les oeufs et la majorité des légumes constituent la base la plus sûre d'une alimentation adaptée à la goutte, avec des teneurs en purines inférieures à 15 mg pour 100 g pour les produits laitiers et la plupart des légumes courants." — D'après les recommandations nutritionnelles compilées par Dalbeth et al., The Lancet, 2016.

Les groupes d'aliments les plus sûrs pour la goutte

Plusieurs familles d'aliments sont naturellement très pauvres en purines et peuvent être consommées sans restriction particulière dans le cadre d'un régime adapté à la goutte.

Les produits laitiers et les oeufs

Les produits laitiers (lait, yaourt, fromage blanc) contiennent moins de 5 mg de purines pour 100 g et peuvent être consommés librement. Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine (Choi et al., 2004) a démontré que la consommation régulière de produits laitiers était associée à une réduction significative du risque de goutte, avec une diminution de 21 % du risque pour deux portions quotidiennes de produits laitiers écrémés. Les oeufs entiers ne contiennent que 2 mg de purines pour 100 g, ce qui en fait un aliment de choix pour apporter des protéines sans augmenter l'uricémie.

Les céréales et féculents

Le riz blanc, les pâtes, le pain et les pommes de terre contiennent tous moins de 20 mg de purines pour 100 g. Ces aliments constituent une base énergétique essentielle et leur consommation est tout à fait compatible avec un régime anti-goutte. Il convient toutefois de noter que le pain complet et les céréales complètes présentent des teneurs légèrement supérieures (environ 30 à 50 mg/100 g), sans pour autant dépasser le seuil critique.

Les fruits et légumes

La grande majorité des fruits et légumes courants contient moins de 20 mg de purines pour 100 g. Les carottes (8 mg/100 g), le concombre (7 mg/100 g), la tomate (11 mg/100 g) et la laitue (13 mg/100 g) sont particulièrement adaptés. Certains légumes comme les épinards (57 mg/100 g) ou les champignons (58 mg/100 g) contiennent davantage de purines, mais des études récentes suggèrent que les purines d'origine végétale ont un impact moindre sur l'uricémie que les purines animales (Choi et al., 2005, publiée sur PubMed).

La consommation de cerises mérite une mention particulière : bien qu'elles contiennent environ 7 mg de purines pour 100 g, des études ont montré un effet anti-inflammatoire propre aux anthocyanes qu'elles renferment, pouvant réduire le risque de crise de goutte de 35 % (Zhang et al., 2012, Arthritis & Rheumatism).

Les aliments à consommer avec modération

Certains aliments présentent une teneur modérée en purines (entre 50 et 150 mg/100 g) et peuvent être inclus dans l'alimentation, mais en quantités limitées et réparties sur la semaine.

  • Les viandes maigres (poulet sans peau, dinde, boeuf maigre) : 110 à 150 mg/100 g, à limiter à 100-150 g par portion, 3 à 4 fois par semaine
  • Le thon en conserve : environ 116 mg/100 g, à consommer occasionnellement
  • Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs) : 50 à 130 mg/100 g, dont l'impact sur l'uricémie reste débattu mais semble modéré selon les données actuelles
  • Certains champignons et légumes (brocoli, chou-fleur, épinards) : 50 à 80 mg/100 g, acceptables en quantité raisonnable

Pour en savoir plus sur l'adaptation de l'alimentation lors d'une crise, consultez notre guide comment adapter son alimentation pendant une crise de goutte.

Les aliments à éviter ou à consommer très rarement

Les aliments à teneur très élevée en purines (> 150 mg/100 g) sont à écarter autant que possible d'une alimentation adaptée à la goutte.

  • Les abats (foie, rognons, cervelle, coeur) : 300 à 1000 mg/100 g selon l'organe
  • Les anchois et sardines : 400 à 480 mg/100 g
  • Les extraits de viande, bouillons concentrés : très haute teneur en purines
  • Les crustacés (crevettes, homard) : 150 à 200 mg/100 g
  • La bière (y compris sans alcool pour certaines marques) : 10 à 30 mg/100 mL, mais l'alcool augmente également la production endogène d'acide urique et réduit son élimination rénale

La bière mérite une attention particulière en raison de sa double action négative : elle apporte des purines issues du houblon et inhibe l'excrétion rénale de l'acide urique. Pour comprendre les nuances concernant la bière sans alcool, vous pouvez consulter notre analyse détaillée sur bière sans alcool et goutte : le verdict.

L'Assurance Maladie précise sur son site Ameli.fr que les modifications diététiques doivent toujours s'inscrire dans un suivi médical régulier et ne se substituent pas au traitement hypouricémiant prescrit par le médecin.

Hydratation et purines : un facteur souvent négligé

Une hydratation suffisante est un complément indispensable au régime pauvre en purines : boire entre 1,5 et 2 litres d'eau par jour favorise l'élimination rénale de l'acide urique et réduit le risque de cristallisation dans les articulations.

L'eau reste la boisson de référence. Le café, souvent diabolisé, fait l'objet d'études récentes encourageantes : des recherches publiées sur PubMed suggèrent qu'une consommation régulière de café (3 à 4 tasses par jour) serait associée à une réduction de l'uricémie, indépendamment de la caféine. Pour approfondir ce sujet, notre article sur le café et la goutte : ce que disent les études présente les données disponibles.

Les jus de fruits industriels, bien que pauvres en purines, sont en revanche à limiter en raison de leur teneur élevée en fructose, qui stimule la production endogène d'acide urique. Une étude de Choi et al. (2008, BMJ) a établi une association significative entre la consommation de boissons sucrées au fructose et le risque de goutte chez l'homme.

Intégrer le régime pauvre en purines dans la durée

Adopter une alimentation pauvre en purines ne signifie pas une restriction sévère et définitive, mais plutôt un rééquilibrage progressif et durable des habitudes alimentaires.

  1. Identifier et réduire les sources principales de purines dans son alimentation habituelle (abats, charcuteries, poissons gras, bière)
  2. Augmenter la proportion de légumes, de fruits, de produits laitiers et de céréales dans les repas
  3. Maintenir une hydratation régulière tout au long de la journée
  4. Consulter un diététicien-nutritionniste pour un accompagnement personnalisé, notamment si d'autres pathologies (diabète, insuffisance rénale) sont associées
  5. Associer ces ajustements alimentaires au traitement médicamenteux prescrit par le médecin

Il est important de rappeler que les modifications alimentaires seules ne permettent généralement de réduire l'uricémie que de 10 à 15 %. Pour les patients nécessitant un traitement de fond, la Haute Autorité de Santé recommande en première intention l'allopurinol, prescrit et suivi par un médecin. Le régime alimentaire vient en soutien et non en remplacement de ce traitement.

Pour mieux comprendre l'évolution de la maladie et ses risques à long terme, notre article sur les complications de la goutte et leur prévention apporte des informations complémentaires importantes.

Questions Fréquentes

Quels sont les légumes les plus pauvres en purines ?

Le concombre (7 mg/100 g), la carotte (8 mg/100 g), la tomate (11 mg/100 g) et la laitue (13 mg/100 g) sont les légumes les plus pauvres en purines. Ces quatre légumes peuvent être consommés quotidiennement sans impact significatif sur l'uricémie. Les légumes à teneur légèrement plus élevée comme les épinards (57 mg/100 g) ou le chou-fleur (51 mg/100 g) restent néanmoins compatibles avec un régime adapté à la goutte en raison du faible impact des purines végétales sur l'acide urique.

Les oeufs sont-ils autorisés en cas de goutte ?

Les oeufs entiers contiennent seulement 2 mg de purines pour 100 g, ce qui en fait l'un des aliments les plus sûrs pour les personnes souffrant de goutte. Ils constituent une source de protéines de haute qualité sans risque d'augmenter l'uricémie. Il n'existe pas de recommandation limitant la consommation d'oeufs dans le cadre d'un régime adapté à la goutte, sous réserve d'un bilan cardiovasculaire normal.

Les produits laitiers sont-ils bénéfiques contre la goutte ?

Les produits laitiers contiennent moins de 5 mg de purines pour 100 g et ont été associés dans plusieurs études à une réduction du risque de crise de goutte. Une étude de Choi et al. (2004, New England Journal of Medicine) a établi que deux portions quotidiennes de produits laitiers écrémés réduisaient le risque de goutte de 21 %. Le lait et le yaourt contiennent par ailleurs de l'acide orotique, qui favorise l'excrétion urinaire de l'acide urique.

Combien de temps faut-il suivre un régime pauvre en purines avant de voir des effets ?

Les effets d'un régime pauvre en purines sur l'uricémie sont généralement mesurables après 4 à 8 semaines de suivi régulier. Les modifications alimentaires permettent en moyenne de réduire l'uricémie de 10 à 15 %. Pour une évaluation précise, un dosage sanguin de l'acide urique réalisé à jeun, avant et après modification du régime alimentaire, est recommandé.

Le régime pauvre en purines suffit-il à traiter la goutte ?

Le régime pauvre en purines seul ne suffit généralement pas à normaliser l'uricémie chez les patients souffrant de goutte chronique. Selon la Haute Autorité de Santé, un traitement hypouricémiant (notamment l'allopurinol) est nécessaire chez la plupart des patients présentant des crises récurrentes ou des complications. Le régime alimentaire joue un rôle complémentaire important, mais doit toujours s'inscrire dans un suivi médical global.

Rédigé par Cha!, validé par l'équipe Ça Goutte!
Assistant IA spécialisé en nutrition et gestion de la goutte

Les informations sont basées sur des sources scientifiques officielles et les recommandations médicales en vigueur.

USDA FoodData Central NIH HAS EFSA PubMed
⚕️ Important : Important : ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin ou rhumatologue pour un diagnostic et un traitement personnalisés.
Dernière mise à jour : 29 juin 2026

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